Après un rapport sexuel satisfaisant, certaines personnes peuvent ressentir une profonde tristesse, de l’anxiété, de l’irritabilité ou même se mettre à pleurer. Ce phénomène, qui peut survenir en dehors de tout épisode dépressif, est appelé dysphorie post-coïtale.
Alors que l’orgasme est généralement associé à la détente et au bien-être, cette période qui suit l’activité sexuelle peut donc provoquer des réactions émotionnelles difficiles à comprendre.
La dysphorie post-coïtale reste relativement méconnue et a fait l’objet d’un nombre limité de recherches scientifiques. Une étude publiée en 2020 dans The Journal of Sexual Medicine a notamment cherché à mieux comprendre ses manifestations et sa fréquence.
Les chercheurs ont interrogé 299 personnes, dont 223 femmes et 76 hommes, au moyen d’un questionnaire en ligne. Les résultats montrent que le phénomène peut prendre différentes formes, au-delà des seuls pleurs ou de la tristesse.
Une grande partie des participants a déclaré avoir déjà ressenti au moins un symptôme de mal-être après un rapport sexuel. Les manifestations rapportées comprennent notamment les changements d’humeur, la fatigue, la frustration et un sentiment de dévalorisation.
Des manifestations qui diffèrent selon les personnes
L’étude relève certaines différences entre les femmes et les hommes. Chez les femmes interrogées, les changements d’humeur et la tristesse figuraient parmi les symptômes les plus fréquemment rapportés. Chez les hommes, la tristesse et la fatigue étaient davantage citées.
La dysphorie ne survient pas uniquement après un orgasme. Les participants ont également rapporté des symptômes après une activité sexuelle consentie sans orgasme, après différentes formes d’activité sexuelle ou encore après la masturbation.
Les chercheurs ont ainsi constaté que le phénomène pouvait apparaître dans des situations sexuelles très diverses. Les mécanismes de la dysphorie post-coïtale restent encore mal compris. Plusieurs hypothèses ont toutefois été avancées.
Certains travaux évoquent les modifications rapides de l’activité neurochimique après l’excitation et l’orgasme. D’autres hypothèses concernent la manière dont certaines personnes vivent la fin de l’intimité sexuelle ou la transition vers un état émotionnel ordinaire.
Des facteurs psychologiques pourraient également jouer un rôle. Les antécédents traumatiques, certaines difficultés relationnelles ou encore des modes d’attachement particuliers ont notamment été évoqués dans la littérature scientifique.
À ce jour, aucune explication unique ne permet toutefois de rendre compte de tous les cas.
Quand faut-il consulter ?
Un épisode occasionnel de tristesse après un rapport ne signifie pas nécessairement qu’une personne souffre d’un trouble psychologique ou relationnel. En revanche, lorsque ces manifestations deviennent fréquentes, intenses ou perturbent la vie affective et sexuelle, en parler avec un médecin, un psychologue ou un professionnel spécialisé en santé sexuelle peut être utile.
Les recherches disponibles restent encore limitées. Les scientifiques disposent donc de peu de données permettant de déterminer précisément les causes du phénomène ou de proposer des traitements spécifiques.
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