Tic-Tac News : Votre source d'infos instantanées, tic par tac!
mardi 22 septembre 2026
Accueil Santé & Bien-être Éjaculation et cancer de la prostate : faut-il vraiment éjaculer souvent pour se protéger ?
Santé & Bien-être

Éjaculation et cancer de la prostate : faut-il vraiment éjaculer souvent pour se protéger ?

Éjaculation et cancer de la prostate : faut-il vraiment éjaculer souvent pour se protéger ?

Et si l’activité sexuelle avait un effet sur la santé de la prostate ? Depuis plusieurs décennies, des chercheurs étudient l’hypothèse selon laquelle des éjaculations régulières pourraient réduire le risque de cancer de la prostate. Certaines études américaines semblent aller dans ce sens, tandis qu’une méta-analyse apporte des résultats plus nuancés. Alors, que dit réellement la science ?

Le cancer de la prostate figure parmi les cancers les plus fréquents chez les hommes. Certains facteurs de risque, comme l’âge, les antécédents familiaux ou certaines origines géographiques, ne peuvent pas être modifiés. Les chercheurs s’intéressent donc aussi aux habitudes de vie susceptibles d’influencer le risque de développer la maladie.

Parmi les pistes étudiées figure la fréquence des éjaculations. L’idée est ancienne : une activité éjaculatoire régulière pourrait-elle contribuer à maintenir la prostate en bonne santé ?

L’un des principaux arguments en faveur d’un éventuel effet protecteur provient d’une vaste étude prospective menée par des chercheurs de la Harvard School of Public Health.

Entre 1992 et 2010, 31 925 professionnels de santé américains, âgés de 20 à 49 ans au début du suivi, ont renseigné leur fréquence moyenne d’éjaculation. Au cours de la période étudiée, 3 839 cas de cancer de la prostate ont été diagnostiqués.

Après prise en compte de plusieurs facteurs, notamment l’âge, le dépistage par PSA, l’activité physique, le tabagisme et les apports caloriques, les chercheurs ont observé une association entre une fréquence élevée d’éjaculation et un risque plus faible de cancer de la prostate.

Les hommes déclarant au moins 21 éjaculations par mois présentaient ainsi un risque global inférieur de 22 % à celui des hommes déclarant entre quatre et sept épisodes mensuels. L’association semblait particulièrement marquée pour les formes moins agressives de la maladie.

Pourquoi l’éjaculation pourrait-elle protéger la prostate ?

Plusieurs hypothèses biologiques sont avancées pour expliquer ces observations. L’une d’elles suggère que l’éjaculation régulière pourrait favoriser l’évacuation du liquide prostatique et limiter l’accumulation de certaines substances dans la prostate. D’autres chercheurs évoquent des effets possibles sur l’inflammation, la circulation sanguine locale ou encore certains mécanismes hormonaux.

L’activité sexuelle entraîne également des modifications physiologiques, notamment au niveau de la circulation sanguine et de certaines hormones. Ces phénomènes pourraient théoriquement intervenir dans la santé de la prostate. Mais ces explications restent hypothétiques. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer que l’éjaculation prévient le cancer.

Une méta-analyse nuance fortement cette hypothèse

Les données scientifiques ne sont d’ailleurs pas totalement concordantes. Une méta-analyse chinoise portant sur 22 études et 55 490 participants a apporté une nuance importante.

Selon cette analyse, jusqu’à environ quatre éjaculations par semaine, soit près de 16 par mois, la fréquence pourrait être associée à une légère diminution du risque. Au-delà, cette tendance protectrice ne se confirmerait pas nécessairement et le risque pourrait même augmenter.

Plusieurs facteurs pourraient expliquer ces différences. La fréquence des éjaculations est généralement déclarée par les participants eux-mêmes, ce qui peut entraîner des erreurs. Les infections sexuellement transmissibles, les habitudes de vie, les facteurs hormonaux ou encore le nombre de partenaires peuvent également influencer les résultats.

Il faut surtout éviter de transformer une association statistique en recommandation médicale. Aucune société savante ne recommande aujourd’hui un nombre précis d’éjaculations pour prévenir le cancer de la prostate.

Les données disponibles suggèrent tout au plus qu’une activité sexuelle régulière ne semble pas dangereuse pour la prostate et pourrait avoir un effet protecteur modeste. Pour réduire les risques de cancer, les mesures liées au mode de vie, comme l’activité physique régulière, le maintien d’un poids adapté et une alimentation équilibrée, disposent de données plus solides.

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans la même catégorie

Cotonou : la police saisit des médicaments contrefaits et interpelle cinq personnes

Le commissariat du 2e arrondissement de Cotonou intensifie la lutte contre la...

Bénin : 740 kg de faux médicaments saisis, trois femmes arrêtées

Nouveau coup de filet contre le trafic de produits pharmaceutiques illicites à...

RDC : l’épidémie d’Ebola devient la plus meurtrière de l’histoire du pays

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une flambée d’Ebola...

Cancer : l’OMS tire la sonnette d’alarme face à une hausse mondiale des cas attendue d’ici 2050

Les perspectives sont préoccupantes. Chaque jour, plus de 26 000 personnes perdent...