La République centrafricaine et le Cameroun entendent relancer le processus de rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains installés sur le territoire camerounais. Plus de dix ans après les crises qui ont provoqué leur exode, près de 283 000 réfugiés vivent encore au Cameroun, principalement dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, ainsi que dans les villes de Douala et Yaoundé.
Du 12 au 14 juillet 2026, Yaoundé a accueilli une réunion de la commission tripartite réunissant le Cameroun, la République centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les discussions ont porté sur la reprise du programme de retour volontaire et sécurisé, lancé en 2019.
Selon le HCR, environ 28 000 réfugiés ont déjà regagné la Centrafrique au cours des sept dernières années. Les autorités souhaitent désormais accélérer le mouvement. Le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a indiqué qu’environ 30 000 réfugiés avaient exprimé leur volonté de rentrer, dont 27 000 ont déjà été identifiés par les autorités centrafricaines.
Yaoundé espère organiser les premiers convois de retour dans les prochains mois, avec pour objectif de permettre à ces réfugiés de regagner leur pays avant la fin de l’année 2026.
Bangui affiche toutefois davantage de prudence. La ministre centrafricaine de l’Action humanitaire, Josiane Lina Bemaka Soui, estime que les conditions ne sont pas encore totalement réunies. Elle évoque notamment l’insécurité persistante dans le nord du pays, où des groupes armés restent actifs, ainsi que l’épidémie de choléra qui touche actuellement plusieurs localités.
Les autorités centrafricaines souhaitent disposer du temps nécessaire pour préparer les zones de retour et renforcer les capacités des communautés d’accueil afin de garantir une réintégration durable des personnes rapatriées.
Le HCR, pour sa part, s’est engagé à accompagner les deux États sur les plans technique et opérationnel. L’agence onusienne souligne que le renouvellement de l’engagement des trois parties constitue une étape importante vers la reprise des retours volontaires, lesquels devront s’effectuer dans le respect des normes internationales et selon un calendrier défini d’un commun accord.
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