À Paris, le Haut Conseil des Maliens de France (HCMF), organe officiel de la diaspora rattaché aux autorités de transition, a organisé samedi 2 mai un rassemblement de soutien au régime en place. Ce rassemblement fait suite à une série d’attaques conjointes menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et par les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui ont visé plusieurs cibles militaires dans le pays, notamment à Kidal, reprise par les groupes armés, et à Kati, près de Bamako, fief des militaires au pouvoir. Le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, avait été tué dans cette attaque.
Brandissant des drapeaux du Mali et de l’Alliance des États du Sahel (AES) place de la République, ils sont plusieurs dizaines à avoir répondu à l’appel du HCMF. Son secrétaire général, Karim Agaly Cissé, est venu porter « un message de solidarité envers le peuple malien et de condamnation de tous les actes de traîtrise et de barbarie contre la République du Mali. C’est un rassemblement de soutien aux institutions de la République du Mali, poursuit-il, à commencer par le président de la République, le général Assimi Goïta, au pouvoir sans élections depuis le coup d’État militaire d’août 2020. On lui fait absolument confiance pour sortir le pays de l’ornière et pour bouter les terroristes hors de nos frontières ».
Le général Sadio Camara, ministre de la Défense tué le 25 avril lors de l’attaque du camp militaire de Kati, est devenu un symbole. Son nom est sur toutes les bouches à Paris, son portrait brandi dans de nombreuses mains parmi les Maliens venus manifester leur soutien aux autorités de transition.
Yamedou Doucouré, résidant en France depuis 24 ans, et son voisin, qui souhaite garder l’anonymat, font partie des plus fervents partisans du régime en place. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’exprimer notre colère ici, en France, lance Doucouré. Nous vivons dans un pays où la liberté d’expression existe. Cette colère, elle est dirigée contre la barbarie qui frappe le Mali, contre ses auteurs et leurs soutiens. Je ne parle pas de jihadistes. Je parle de mercenaires, appuyés par des pays comme la France, l’Algérie ou la Mauritanie ».
Son voisin, plus radical, refuse toute idée de compromis. « Les groupes armés ne sont que des bandits. Il n’y a rien à négocier, martèle-t-il. Ils doivent disparaître. Nous soutiendrons l’armée malienne jusqu’au bout ». D’autres rassemblements devraient avoir lieu dans les prochains jours. Organisés par des opposants au régime de transition, ils viseront à réaffirmer le soutien à l’armée, aux victimes et à l’intégrité nationale du Mali.
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