Aliko Dangote veut franchir une nouvelle étape dans l’histoire de son empire industriel. Le milliardaire nigérian a qualifié d’« un jour historique » l’introduction de la raffinerie Dangote à la Bourse du Nigeria. Une opération qui doit permettre à des millions d’investisseurs, au Nigeria comme dans le reste du continent, de devenir actionnaires de cette infrastructure présentée comme la plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique.
L’opération veut démocratiser l’accès au capital de la raffinerie. Les investisseurs peuvent acquérir un minimum de dix actions, au prix de 525 nairas chacune. À travers cette ouverture, le groupe Dangote ambitionne d’élargir considérablement son actionnariat et vise jusqu’à dix millions d’actionnaires à l’échelle du continent.
Pour Aliko Dangote, l’enjeu dépasse les performances de son groupe. « Un jour historique » pour la raffinerie et le groupe Dangote, mais aussi pour le marché des capitaux nigérian et, plus largement, pour l’Afrique, a-t-il déclaré.
Cette opération est présentée comme un moyen de permettre à une partie plus large de la population de participer directement à la croissance d’un des projets industriels les plus ambitieux du continent.
Un pari sur la transformation industrielle
Les acteurs des marchés financiers nigérians voient déjà dans cette introduction un possible tournant. Le banquier d’affaires Aigboje Imoukhuede évoque un « big bang » susceptible de placer davantage de richesses entre les mains des Nigérians.
Au-delà de la dimension financière, l’opération intervient alors que Dangote cherche à accroître encore les capacités de son complexe industriel. Le groupe ambitionne de porter la capacité de la raffinerie à 1,4 million de barils par jour d’ici à 2028.
Si cet objectif est atteint, le site pourrait devenir la plus grande raffinerie de pétrole au monde. Une perspective qui renforce la portée stratégique de l’infrastructure pour le Nigeria, mais aussi pour le marché pétrolier africain.
Un symbole pour la nouvelle génération africaine
L’ouverture du capital veut également servir de vitrine à l’entrepreneuriat africain. Neo Mooki, présidente de la Bourse du Botswana, y voit la démonstration qu’un entrepreneur africain peut bâtir une entreprise capable de rivaliser avec les plus grands groupes mondiaux.
Le message s’adresse particulièrement à la jeunesse du continent. Pour les promoteurs de l’opération, l’aventure industrielle de Dangote doit montrer qu’il est possible de créer en Afrique des entreprises de dimension internationale et de mobiliser des capitaux locaux autour de projets d’envergure.
Le groupe ne compte d’ailleurs pas s’arrêter au Nigeria. Dangote prévoit également la construction d’une raffinerie d’une capacité de 700 000 barils par jour à Lamu, sur la côte kényane. Une nouvelle ambition qui confirme les visées panafricaines du conglomérat nigérian.
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