La Suède réduit fortement son engagement en Afrique. Stockholm a mis fin, lundi 31 août, à ses programmes bilatéraux d’aide au développement dans plusieurs pays africains, invoquant de nouvelles priorités liées à la sécurité et une baisse des crédits consacrés à la coopération internationale. La décision avait été annoncée en décembre dernier. Elle concerne notamment le Liberia, le Mozambique, la Tanzanie et le Zimbabwe, ainsi que la Bolivie en Amérique du Sud.
« Cette décision n’a pas été prise à la légère », a expliqué le gouvernement suédois, qui évoque une réduction des crédits dédiés à l’aide au développement dans son budget. Stockholm entend désormais donner davantage de moyens à l’Ukraine et à sa politique de défense, sur fond de nouvelles préoccupations sécuritaires en Europe.
Le désengagement sera particulièrement marqué au Liberia et au Zimbabwe. La Suède a décidé de fermer ses ambassades à Monrovia et Harare. Les deux représentations ont cessé d’accueillir le public lundi et leurs activités doivent prendre fin définitivement en octobre. L’ambassade de Monrovia assurait également la représentation suédoise en Sierra Leone. Celle de Harare suivait aussi les relations avec le Malawi et Maurice.
Stockholm assure toutefois que cette décision n’est pas liée à la situation politique des pays concernés. « La décision de supprimer progressivement l’aide bilatérale n’est en aucun cas liée à des politiques ou des événements au Liberia », a précisé le gouvernement suédois.
Le Liberia particulièrement touché
Le retrait suédois intervient après plusieurs années d’une coopération importante avec le Liberia. Selon The Guardian, Stockholm y a consacré plus de 5,77 milliards de couronnes suédoises, soit environ 445 millions de livres sterling, depuis 2008.
Ces financements ont notamment soutenu les infrastructures, les institutions démocratiques, des programmes humanitaires et la gestion des ressources. La Suède était ainsi devenue le deuxième donateur du Liberia après les États-Unis.
La fin de cette coopération pourrait avoir des conséquences importantes dans plusieurs secteurs. The Guardian estime notamment que le retrait suédois risque d’affecter les programmes de santé, y compris ceux consacrés à la santé sexuelle et reproductive.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de réduction de l’aide publique au développement. Elle intervient après la suppression de l’USAID sous l’administration de Donald Trump et les réductions annoncées par plusieurs pays européens.
Stockholm assure néanmoins ne pas abandonner totalement la coopération internationale. La Suède indique vouloir continuer à participer aux mécanismes multilatéraux d’aide au développement, notamment à travers l’Union européenne.
Pour les pays africains concernés, le changement de cap suédois marque toutefois une nouvelle étape dans la recomposition des financements internationaux du développement.
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