Réunis à Abuja à l’initiative de la Ligue islamique mondiale, des responsables musulmans et chrétiens ont conclu un accord destiné à renforcer le dialogue religieux et la paix au Nigeria. Une nouvelle instance interconfessionnelle doit également voir le jour.
Plus de 50 dignitaires musulmans et chrétiens ont signé mercredi 12 août 2026 à Abuja un accord de paix interconfessionnel pour renforcer l’harmonie religieuse au Nigeria. La rencontre, organisée par la Ligue islamique mondiale, s’est tenue dans un contexte marqué par les tensions confessionnelles et les violences qui affectent plusieurs régions du pays.
Une nouvelle instance pour promouvoir le dialogue
L’accord prévoit la création d’une nouvelle structure interconfessionnelle chargée de promouvoir la coexistence pacifique entre les différentes communautés religieuses du Nigeria.
Les signataires appellent également à renforcer les initiatives qui associent les institutions publiques, les responsables religieux et les organisations de la société civile. L’objectif est de mieux prévenir les tensions, de lutter contre l’extrémisme et les discours de haine et de contribuer à la stabilité sociale.
Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammad Al-Issa, a notamment insisté sur la nécessité d’une réponse collective face à l’extrémisme. Des responsables religieux nigérians ont, de leur côté, présenté l’accord comme une étape importante pour renforcer l’unité nationale.
Un pays marqué par de fortes divisions religieuses
Avec une population de plus de 230 millions d’habitants, le Nigeria est marqué par une importante diversité religieuse. Le Nord est majoritairement musulman tandis que le Sud compte une importante population chrétienne.
Cette configuration alimente régulièrement les débats sur les violences qui touchent le pays. L’insurrection de Boko Haram, active depuis 2009 dans le nord-est, ainsi que les attaques d’autres groupes armés ont fait des dizaines de milliers de victimes.
Les violences ne se limitent toutefois pas à une seule communauté religieuse. Les autorités nigérianes ont régulièrement rejeté l’idée d’une persécution systématique qui viserait exclusivement les chrétiens, en soulignant que musulmans et chrétiens figurent tous parmi les victimes des violences.
L’accord intervient après les critiques de Donald Trump
La signature intervient également quelques mois après de vives critiques formulées par Donald Trump à l’égard des autorités nigérianes. L’ancien et actuel président américain avait accusé le gouvernement du Nigeria de ne pas suffisamment protéger les chrétiens face aux violences commises, selon lui, par des groupes islamistes.
Les autorités nigérianes avaient contesté cette lecture de la situation, en estimant que les violences frappent plusieurs communautés religieuses.
Le nouvel accord intervient ainsi dans un contexte où la question des relations entre musulmans et chrétiens reste particulièrement sensible. Pour ses promoteurs, le dialogue interconfessionnel doit permettre de dépasser les clivages religieux et de construire une réponse commune aux défis sécuritaires et sociaux auxquels le Nigeria est confronté.
Laisser un commentaire