Le Bénin et le Gabon veulent donner un nouvel élan à leur coopération économique. À Cotonou, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont identifié plusieurs secteurs prioritaires, dont l’agriculture, l’élevage, les énergies vertes et le tourisme.
La rencontre s’est tenue jeudi 10 septembre 2026 entre la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, et son homologue gabonaise, Tassylame. Les deux responsables se sont entretenues en marge du deuxième séminaire ministériel de haut niveau consacré à l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».
Organisé les 9 et 10 septembre à Cotonou dans le cadre du Processus de Swakopmund, ce rendez-vous intervient alors que le Bénin assure, au cours du mois de septembre, la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.
Quatre secteurs au cœur des échanges
Au-delà des questions liées à la paix et à la sécurité, Cotonou et Libreville ont choisi de mettre l’accent sur les opportunités économiques.
Les discussions ont porté sur l’agriculture, l’élevage, les énergies vertes et le tourisme. Les deux parties souhaitent ainsi identifier des domaines dans lesquels leurs économies peuvent davantage collaborer.
Les liens humains ont également été évoqués. Une importante communauté béninoise est installée depuis plusieurs années au Gabon, contribuant aux relations entre les deux pays. Cette présence constitue un autre levier potentiel pour renforcer les échanges entre les deux États.
Un potentiel commercial encore peu exploité
La coopération entre le Bénin et le Gabon ne date pas d’hier. Les deux pays disposent notamment d’un accord de coopération économique et commerciale signé à Libreville le 15 août 1986.
Malgré ce cadre ancien, les échanges économiques restent en deçà du potentiel des deux pays.
Le Bénin dispose d’une importante capacité agricole, avec une production de coton qui a atteint 637 000 tonnes lors de la dernière campagne évoquée. Le Gabon, de son côté, reste fortement dépendant des importations alimentaires. Le pays couvre encore entre 60 et 70 % de ses besoins alimentaires grâce aux importations, pour une facture annuelle supérieure à 300 milliards de francs CFA.
Cette situation ouvre des possibilités de coopération dans la production agricole, la transformation et l’approvisionnement alimentaire.
Les énergies renouvelables et le tourisme constituent également des secteurs dans lesquels les deux pays pourraient développer de nouveaux partenariats.
Des ambitions qui doivent encore se concrétiser
Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été communiqué concernant la mise en œuvre des projets évoqués lors de la rencontre.
Le défi sera désormais de transformer les échanges politiques en initiatives concrètes, avec des investissements, des partenariats entre entreprises et des mécanismes permettant d’accroître effectivement les échanges commerciaux entre Cotonou et Libreville.
Après plusieurs décennies de relations diplomatiques et économiques, les deux pays veulent ainsi faire de leur proximité historique un levier pour une coopération davantage tournée vers les opportunités économiques.
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