Au Togo, le secteur minier ne se résume pas à ses recettes fiscales et budgétaires. Il contribue également à l’économie nationale à travers la création d’emplois et le développement de nombreuses activités autour de la chaîne de valeur minière.
Selon les données disponibles, le secteur représente environ 0,4 % de la population active. Son impact sur l’emploi se répartit entre emplois directs, indirects et induits.
Les emplois directs regroupent les salariés permanents et temporaires des sociétés minières et des carrières. D’après le Rapport ITIE 2023, les entreprises couvertes par le périmètre de conciliation ont déclaré 3 556 emplois industriels directs, incluant les activités minières et le sous-secteur de l’eau.
À ces emplois s’ajoutent entre 12 000 et 15 000 emplois indirects, générés par les sous-traitants, les transporteurs, les entreprises de maintenance et de gardiennage, ainsi que les services de restauration et autres activités connexes.
Le secteur génère également des emplois induits. Les revenus perçus par les travailleurs soutiennent la consommation des ménages et contribuent ainsi au dynamisme du commerce et des services dans les zones d’exploitation.
L’exploitation artisanale mobilise près de 10 000 travailleurs
À côté de l’industrie minière formelle, l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) représente une autre source importante de revenus.
L’inventaire national réalisé en 2021 recensait 9 825 travailleurs dans ce segment, principalement dans les régions des Plateaux, de la Centrale et de la Kara.
La répartition des emplois diffère toutefois de celle observée dans l’industrie minière formelle. Alors que les femmes représentent seulement 9 % des emplois dans l’industrie minière formelle, elles constituent 48 % des travailleurs recensés dans l’EMAPE.
Le secteur artisanal reste cependant confronté à plusieurs défis. Environ 19 % des travailleurs recensés ont moins de 18 ans, ce qui soulève des questions liées à la protection des mineurs, à la formalisation des activités et à leur encadrement.
De nouveaux projets pour renforcer les perspectives d’emploi
Le potentiel de création d’emplois du secteur pourrait augmenter avec le développement de plusieurs projets miniers et industriels.
Parmi les initiatives annoncées figurent notamment l’exploitation du manganèse à Nayéga, portée par la Société Togolaise de Manganèse, la valorisation du gisement d’argile de Ledjoblibo, ainsi que des partenariats industriels, notamment avec le Groupe OCP pour la création d’une usine locale d’engrais.
Le développement de ces projets pourrait favoriser la création de nouveaux emplois, notamment qualifiés, tout en renforçant le transfert de compétences et le recours aux entreprises locales.
Pour le Togo, l’enjeu consiste désormais à transformer davantage ses ressources minières en valeur ajoutée locale, en emplois durables et en opportunités économiques pour les populations. La formation professionnelle et le développement du contenu local apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour permettre au secteur minier de jouer pleinement son rôle dans la transformation de l’économie nationale.
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