En République démocratique du Congo (RDC), la perspective d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi s’impose de plus en plus dans le débat politique. Si le président congolais n’a pas encore annoncé officiellement son intention de briguer un nouveau mandat en 2028, ses détracteurs voient dans les récentes initiatives institutionnelles les prémices d’
Dans une analyse consacrée à la situation politique congolaise, François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, estime que « personne ne doute » de l’envie du chef de l’État de poursuivre son parcours présidentiel au-delà de la limite actuelle. La Constitution congolaise prévoit en effet un maximum de deux mandats présidentiels.
La loi référendaire adoptée en juin constitue l’un des principaux éléments qui alimentent les spéculations. Le texte doit retourner au Parlement pour une seconde délibération en septembre. Pour les opposants au président, cette démarche pourrait ouvrir la voie à l’élaboration d’une nouvelle Constitution.
Un tel changement permettrait à Félix Tshisekedi de contourner le verrou constitutionnel qui l’empêcherait, en l’état actuel des textes, de se présenter une nouvelle fois à la présidentielle de 2028. Le chef de l’État n’a toutefois pas encore déclaré publiquement qu’il souhaitait briguer un troisième mandat. Cette absence de confirmation officielle entretient l’incertitude sur ses intentions.
Le dialogue national sous tension
Dans ce contexte, les autorités congolaises ont annoncé en juillet la tenue d’un dialogue national. L’initiative vise notamment à apaiser les tensions politiques et à tenir compte des recommandations formulées par plusieurs médiateurs régionaux.
Les discussions sur les modalités et la participation à ce dialogue se poursuivent. Mais les chances de parvenir à un compromis apparaissent limitées. L’opposition réclame notamment l’abandon du projet de réforme constitutionnelle, alors que le pouvoir semble déterminé à poursuivre son agenda institutionnel.
Le rapport de force apparaît pour l’instant favorable à Félix Tshisekedi. L’opposition, regroupée notamment au sein de la coalition C64, peine à retrouver la capacité de mobilisation don’t disposait l’UDPS lors des années où Joseph Kabila était au pouvoir.
Cette situation contraste avec la période 2015-2018, lorsque la perspective d’un troisième mandat de Joseph Kabila avait provoqué une forte mobilisation politique et populaire.
Aujourd’hui, l’UDPS est au pouvoir et l’opposition doit composer avec un rapport de force qui lui est moins favorable. Une mobilisation annoncée pour le 15 septembre pourrait néanmoins constituer un test important pour mesurer sa capacité à contester le projet de réforme.
Tshisekedi conserve l’initiative
Pour François Soudan, l’un des principaux atouts du président congolais réside dans sa capacité à contrôler le calendrier politique. « C’est Félix Tshisekedi qui dicte l’agenda », estime-t-il.
Le président bénéficie également d’un contexte diplomatique qu’il juge favorable, notamment avec le soutien supposé de Washington sur certains dossiers. Mais les équilibres politiques peuvent encore évoluer d’ici à 2028.
À deux ans de la prochaine présidentielle, le scénario reste donc ouvert. Une chose paraît toutefois acquise, la question d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi s’installe durablement au cœur de la vie politique congolaise.
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