Le gouvernement togolais a réagi pour la première fois à l’arrestation de deux journalistes français détenus depuis fin juillet. Dans un communiqué publié samedi 22 août, les autorités affirment que la justice dispose d’« indices graves et concordants » à l’encontre de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, venus au Togo pour tourner un épisode de l’émission documentaire « Les routes de l’impossible », diffusée sur France Télévisions.
Les deux réalisateurs ont été arrêtés le 27 juillet dans la région des Savanes, en compagnie de leur collaborateur togolais Fred Vedomey. Ils sont poursuivis pour « fausses déclarations ».
Dans leur communiqué, les ministères togolais de la Justice et de la Sécurité expliquent que la procédure porte notamment sur les autorisations de tournage détenues par les journalistes. Selon les autorités, les deux Français se seraient prévalus d’une autorisation délivrée par le ministère chargé du Tourisme le 19 juin 2026. Or, ce document aurait été établi uniquement au nom de leur collaborateur togolais et ne mentionnerait pas leurs propres identités.
Le gouvernement leur reproche également d’avoir réalisé des prises de vue dans la région des Savanes et dans la préfecture de Binah, alors que ces zones ne figuraient pas parmi celles couvertes par l’autorisation de tournage. Un autre élément est au cœur de la procédure : l’utilisation d’un drone dont les caractéristiques, selon les autorités, n’avaient pas été déclarées au préalable.
Face à ces accusations, l’avocat des deux journalistes, Martial Akakpo, affirme que ses clients « ne reconnaissent aucun fait ». La défense conteste ainsi les griefs retenus contre eux. L’arrestation avait déjà suscité des réactions dans le milieu de la presse togolaise. Le Patronat de la presse avait dénoncé une procédure jugée inappropriée contre des professionnels en exercice.
Le gouvernement togolais rejette toutefois cette présentation. Il assure que la procédure ne porte pas sur le travail journalistique des deux Français, mais « exclusivement » sur le respect des dispositions administratives relatives au tournage.
Cette première prise de position de Lomé intervient quatre jours après la confirmation par Paris de leur arrestation et alors que Reporters sans frontières a demandé leur libération.
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