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jeudi 13 août 2026
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Mali : à Kigali, Abdoulaye Diop appelle l’Afrique à accélérer son autonomie technologique

Mali : à Kigali, Abdoulaye Diop appelle l’Afrique à accélérer son autonomie technologique

Le Mali plaide pour une accélération de l’autonomie stratégique et technologique de l’Afrique face aux mutations du paysage sécuritaire mondial. À Kigali, capitale du Rwanda, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a appelé mercredi les États africains à réduire leur dépendance extérieure dans les domaines de la défense et des technologies stratégiques.

Intervenant lors de la deuxième session de la Conférence internationale sur la sécurité en Afrique (ISCA), Abdoulaye Diop a placé la souveraineté décisionnelle et technologique au cœur des réponses du continent aux nouvelles menaces sécuritaires.

Co-animateur du panel inaugural consacré à l’évolution du paysage sécuritaire en Afrique, aux systèmes autonomes et aux nouveaux défis, le chef de la diplomatie malienne a estimé que l’expérience de son pays dans la lutte contre les groupes armés terroristes démontrait l’importance pour les États africains de disposer de capacités autonomes. « L’Afrique doit passer du statut d’acheteur et d’utilisateur à celui d’acteur », a défendu en substance le ministre. Selon lui, le continent doit être davantage impliqué dans la conception, la production, l’utilisation et la maintenance des équipements de défense de nouvelle génération.

L’intelligence artificielle au cœur de la souveraineté

Pour Bamako, l’enjeu dépasse désormais le seul domaine militaire. La maîtrise des technologies stratégiques représente également une question de souveraineté industrielle et de formation de la jeunesse africaine. Abdoulaye Diop a notamment évoqué les efforts engagés par le Mali pour former des jeunes aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle. Il a plaidé pour le développement d’une véritable industrie africaine de défense afin de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des fournisseurs extérieurs.

Les drones, les systèmes autonomes et l’intelligence artificielle occupent désormais une place croissante dans les conflits contemporains. Pour le ministre malien, leur maîtrise doit donc devenir un élément central de la stratégie de sécurité des États africains.

L’AES présentée comme un modèle de coopération régionale

Le ministre a également mis en avant la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Abdoulaye Diop a présenté cette organisation comme une illustration de la volonté des trois pays de privilégier un leadership africain dans la recherche de réponses aux défis sécuritaires auxquels ils sont confrontés.

Le responsable malien a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme des ingérences extérieures contribuant à aggraver les conflits au Sahel. Il a notamment évoqué l’utilisation d’équipements et de drones par des groupes armés terroristes ainsi que les dimensions militaire, économique et médiatique des conflits asymétriques.

Les FAMa mettent en avant leur montée en puissance

Les interventions maliennes à Kigali ont également été complétées par celle du Colonel-major Yacouba Sanogo, conseiller en stratégie à l’État-major général des Armées du Mali. Celui-ci a présenté les efforts engagés pour renforcer les capacités des Forces armées maliennes (FAMa), leur professionnalisation ainsi que leur engagement en faveur du respect du droit international.

À travers son intervention à Kigali, Bamako défend donc une vision qui dépasse la seule lutte contre le terrorisme. Pour le Mali, la capacité des États africains à maîtriser les technologies militaires, l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes doit désormais constituer un nouveau pilier de leur souveraineté.

Les débats de la conférence de Kigali interviennent dans un contexte où les drones et les technologies autonomes transforment rapidement les méthodes de confrontation militaire. Une évolution qui place la maîtrise technologique au centre des discussions sur l’avenir de la sécurité africaine.

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