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mercredi 12 août 2026
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Afrique du Sud : Pretoria réclame à trois pays le remboursement des frais de rapatriement de leurs ressortissants

Afrique du Sud Cyril Ramaphosa xénophobes

L’Afrique du Sud souhaite récupérer auprès du Malawi, de l’Éthiopie et du Nigeria une partie des sommes engagées pour le rapatriement de milliers de migrants en situation irrégulière. Pretoria affirme avoir dépensé près de 18 millions de dollars pour assurer leur hébergement, leur transport et leur prise en charge administrative.

Selon le ministère sud-africain de l’Intérieur, 82 875 personnes ont été rapatriées volontairement ou expulsées du pays depuis le début de la récente intensification des opérations contre l’immigration clandestine. Le gouvernement estime toutefois que le nombre de départs communiqué par les pays d’origine serait nettement plus élevé, avec environ 178 000 personnes concernées.

Face à l’ampleur de ces opérations, Pretoria a engagé des démarches auprès de plusieurs gouvernements africains afin d’obtenir le remboursement d’une partie des dépenses engagées.

Le ministère sud-africain de l’Intérieur explique que les sommes engagées couvrent notamment la location de bus, la mise en place de centres temporaires de rapatriement ainsi que les heures supplémentaires effectuées par les agents mobilisés.

Tommy Makhode, directeur général du ministère, a qualifié ces dépenses d’« imprévues et inévitables ». Certaines municipalités et administrations ayant participé aux opérations demandent également une compensation au ministère de l’Intérieur, leurs dépenses n’ayant pas été prévues dans leurs budgets. Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a pour sa part décrit le volume récent des expulsions et rapatriements comme « inédit ».

Une politique migratoire sous tension

Cette campagne intervient dans un contexte de fortes tensions autour de l’immigration en Afrique du Sud. Des mouvements hostiles à l’immigration clandestine ont multiplié les manifestations, tandis que plusieurs incidents visant des ressortissants étrangers ont contribué à détériorer les relations entre Pretoria et certains pays africains.

Les groupes anti-immigration accusent notamment les migrants de contribuer au chômage, à la criminalité et à la saturation des services publics. Des gouvernements étrangers ont, de leur côté, reproché aux autorités sud-africaines de ne pas assurer suffisamment la protection de leurs ressortissants. Pretoria rejette ces accusations.

Les opérations se sont intensifiées ces derniers mois. Entre avril et juillet, 16 078 ressortissants étrangers, principalement originaires du Lesotho, du Malawi, de Tanzanie, du Zimbabwe et du Mozambique, ont été expulsés depuis le centre de rapatriement de Lindela.

Les forces de l’ordre sud-africaines ont également annoncé vouloir renforcer les contrôles contre l’immigration irrégulière et les infractions qui lui sont associées. Elles affirment avoir interpellé près de 60 000 personnes en situation irrégulière, don’t 16 208 au seul mois de juillet.

Des tensions qui dépassent les frontières sud-africaines

La multiplication des expulsions nourrit désormais un débat à l’échelle continentale. Le Ghana avait récemment demandé que la situation des ressortissants étrangers en Afrique du Sud soit inscrite à l’ordre du jour d’une prochaine réunion de l’Union africaine. La demande n’a toutefois pas été retenue.

Avec les opérations de rapatriement qui se poursuivent et les demandes de remboursement adressées à plusieurs États, la question migratoire s’impose ainsi comme un nouveau sujet de tension entre l’Afrique du Sud et ses partenaires africains.

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