Le Burkina Faso et le Ghana renforcent leur coopération face aux menaces qui perturbent les échanges dans la région. Les deux pays ont signé un accord destiné à améliorer la sécurité des routes commerciales reliant leurs territoires, avec notamment la mise en place d’un appui sécuritaire et d’opérations d’escorte sur les principaux axes transfrontaliers.
L’accord a été signé par le ministre adjoint ghanéen de la Défense, Cassiel Ato Baah Forson, et le ministre d’État burkinabè chargé de la Défense et des Anciens combattants, le général de division Célestin Simporé. Le dispositif doit permettre de renforcer la protection des transporteurs, des marchandises et des voies d’approvisionnement utilisées pour les échanges entre les deux pays.
Les forces de défense des deux États devront également améliorer leur coordination sur les axes considérés comme stratégiques pour le commerce transfrontalier. Cette coopération intervient dans un contexte régional marqué par la persistance des menaces armées. Dans plusieurs zones du Sahel et des pays voisins, l’insécurité complique la circulation des personnes et des marchandises et augmente les risques pour les transporteurs.
Pour Accra comme pour Ouagadougou, la sécurisation de ces corridors représente donc un enjeu à la fois économique et sécuritaire.
Cette nouvelle coopération s’appuie sur des relations anciennes entre les populations des deux pays. Le Burkina Faso et le Ghana partagent une frontière de plus de 500 kilomètres. De part et d’autre, les communautés entretiennent depuis plusieurs décennies des liens commerciaux, familiaux et culturels.
Les populations mossi du nord du Ghana conservent notamment des relations historiques avec celles du Burkina Faso. Les déplacements de commerçants et de travailleurs ont également contribué à maintenir une forte circulation entre les deux territoires.
Ces échanges remontent notamment à la période de la Gold Coast britannique, durant laquelle des populations venues de l’ancienne Haute-Volta se sont installées dans les régions du nord de l’actuel Ghana pour travailler et commercer.
L’héritage de Sankara et Rawlings
Pour information, les relations entre Ouagadougou et Accra avaient connu un rapprochement dans les années 1980. Après son arrivée au pouvoir en 1983, Thomas Sankara avait développé une relation étroite avec Jerry Rawlings, alors dirigeant du Ghana. Les deux responsables partageaient une vision panafricaine et avaient engagé leurs pays dans une coopération politique et économique renforcée.
Des discussions avaient même porté sur une intégration plus poussée entre le Burkina Faso et le Ghana.
Plus de quatre décennies plus tard, la sécurisation des corridors commerciaux vient donner une nouvelle dimension à cette relation. Le nouvel accord combine les impératifs sécuritaires actuels avec les liens historiques qui ont longtemps favorisé la circulation des personnes, des marchandises et des activités économiques entre les deux pays.
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