Les relations diplomatiques entre la Guinée-Bissau et le Cap-Vert traversent une nouvelle période de tension. Les autorités de transition bissau-guinéennes ont annoncé le gel des relations avec Praia, après des déclarations jugées inacceptables des autorités capverdiennes concernant la situation de l’opposant Domingos Simões Pereira.
La principale source de désaccord remonte à la demande formulée mardi par le Cap-Vert en faveur d’une libération rapide du chef de file de l’opposition bissau-guinéenne. Domingos Simões Pereira est détenu depuis le 10 juillet et doit comparaître devant un tribunal militaire pour son rôle présumé dans une tentative de coup d’État survenue en octobre 2025.
Pour les autorités de transition en Guinée-Bissau, la position du Cap-Vert constitue une ingérence dans leurs affaires internes. Elles dénoncent une « violation inacceptable de la souveraineté » nationale et estiment que Praia ne peut pas intervenir dans une procédure judiciaire relevant des institutions bissau-guinéennes.
Les militaires au pouvoir accusent également le Cap-Vert de défendre des intérêts étrangers, notamment européens, au détriment d’une dynamique régionale portée par les pays africains.
Un opposant au cœur de la crise
Domingos Simões Pereira, président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), avait été placé en résidence surveillée après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025.
Son arrestation et la procédure engagée contre lui sont devenues un nouveau sujet de tensions entre les deux pays, historiquement liés par une histoire commune.
Le Cap-Vert et la Guinée-Bissau entretiennent depuis longtemps des liens historiques. Les deux territoires ont mené ensemble la lutte pour l’indépendance contre le Portugal entre 1961 et 1974, au sein du mouvement de libération dirigé par le PAIGC.
Mais cette proximité historique n’a pas empêché l’apparition de divergences politiques majeures, alors que la Guinée-Bissau traverse une période d’instabilité marquée par les interventions répétées de l’armée dans la vie politique.
Le gel annoncé des relations entre Praia et Bissau ouvre désormais une nouvelle crise diplomatique dans une région ouest-africaine déjà confrontée à de fortes tensions politiques.
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