Tic-Tac News : Votre source d'infos instantanées, tic par tac!
jeudi 1 octobre 2026
Accueil Politique & Société ChatGPT : une étude du MIT alerte sur les effets d’une utilisation excessive sur l’effort cognitif
Politique & Société

ChatGPT : une étude du MIT alerte sur les effets d’une utilisation excessive sur l’effort cognitif

IA et automatisation : 5,6 millions de jeunes menacés par l'érosion des emplois qualifiés, alerte l'OIT

Vous utilisez ChatGPT presque tous les jours ? Une étude menée par des chercheurs du MIT s’est intéressée aux conséquences cognitives du recours à l’intelligence artificielle pour une tâche de rédaction. Publiée en 2025 sous la forme d’un préprint, la recherche suggère que l’utilisation d’un outil d’IA peut modifier la manière dont le cerveau mobilise ses ressources pendant l’écriture.

Pour tenter d’y répondre, les chercheurs ont recruté 54 participants, répartis en trois groupes. Le premier utilisait un grand modèle de langage pour rédiger ses textes, le deuxième pouvait recourir à un moteur de recherche et le troisième devait travailler sans outil extérieur, uniquement à partir de ses propres connaissances.

Les participants ont réalisé plusieurs exercices d’écriture au cours de trois sessions. Une quatrième session a ensuite permis à certains d’entre eux de changer de méthode. Au total, 18 participants ont pris part à cette dernière phase.

Les chercheurs ont notamment utilisé l’électroencéphalographie (EEG) pour observer l’activité cérébrale pendant les exercices, en complément d’analyses linguistiques et d’évaluations des textes produits.

Avec l’IA, l’activité cognitive mesurée était différente

Les résultats rapportés montrent des différences entre les trois groupes. Les participants travaillant sans outil présentaient les réseaux de connectivité cérébrale les plus importants et les plus distribués. Le groupe utilisant un moteur de recherche se situait entre les deux, tandis que celui utilisant le modèle d’IA présentait les niveaux de connectivité les plus faibles dans les mesures étudiées.

Les chercheurs ont également relevé des différences dans la capacité des participants à se souvenir de leur propre production et dans leur sentiment d’appropriation du texte.

Ces résultats ne signifient toutefois pas que ChatGPT « éteint » le cerveau ou qu’il provoque automatiquement une perte de capacités intellectuelles. Ils indiquent plutôt que le recours à l’IA peut modifier la quantité et la nature de l’effort cognitif mobilisé pour accomplir une même tâche.

Le risque d’une dépendance cognitive

C’est sur ce point que l’étude ouvre un débat plus large. Lorsqu’un utilisateur confie à l’IA la recherche d’idées, la formulation, la structuration et parfois même le raisonnement, il peut réduire les occasions de mobiliser lui-même certaines compétences.

L’étude rapporte d’ailleurs que les participants du groupe utilisant le LLM ont obtenu, au fil des quatre mois, des résultats moins élevés que le groupe travaillant sans outil sur plusieurs indicateurs étudiés.

Mais ces observations ne permettent pas d’affirmer qu’une utilisation quotidienne de ChatGPT entraîne nécessairement une dégradation des capacités intellectuelles. Le protocole portait sur une tâche précise, dans un contexte expérimental précis.

Assistant ou substitut à la réflexion ?

La question dépasse donc largement ChatGPT. Elle concerne la manière dont nous utilisons les outils capables de produire du contenu à notre place.

Demander à une IA de corriger un texte, de proposer plusieurs pistes ou de mettre en évidence les faiblesses d’un raisonnement ne mobilise pas nécessairement l’utilisateur de la même manière que lui confier entièrement la rédaction.

La différence se situe alors dans la place laissée à l’effort personnel. L’IA peut servir à prolonger une réflexion, mais elle peut aussi prendre en charge une partie du processus que l’utilisateur aurait normalement accompli lui-même.

Des résultats à interpréter avec prudence

Le MIT présente lui-même cette recherche comme préliminaire. Le travail a d’abord été publié sous la forme d’un préprint et n’avait pas encore fait l’objet d’une évaluation par les pairs au moment de sa publication initiale. Les chercheurs signalent également plusieurs limites, notamment la taille réduite de l’échantillon et le recrutement dans une zone géographique et des établissements spécifiques.

Il serait donc prématuré de transformer ces résultats en conclusion générale sur les effets de ChatGPT sur le cerveau de tous ses utilisateurs.

L’étude apporte néanmoins une piste de réflexion importante. À mesure que l’intelligence artificielle prend en charge davantage de tâches intellectuelles, la question ne sera peut-être plus seulement de savoir ce que l’IA peut faire à notre place, mais aussi ce que nous continuons à faire nous-mêmes.

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans la même catégorie

Niger : un mois après la disparition de Moussa Kaka, les appels à une enquête se multiplient

Un mois après la disparition du journaliste nigérien Moussa Kaka, sa famille...

Cotonou : la police découvre 5,4 kg de cannabis présumé dans le sac d’un quinquagénaire

Un quinquagénaire a été interpellé mardi 29 septembre 2026 dans une compagnie...

RDC : le projet de loi anticorruption franchit une première étape à l’Assemblée nationale

La République démocratique du Congo veut renforcer son arsenal juridique contre la...

Week-end de terreur au Nigeria : 87 personnes enlevées dans deux attaques

Au moins 87 personnes ont été signalées enlevées dans deux attaques distinctes...