À Goma comme à Bukavu, la rentrée universitaire s’annonce incertaine. Kinshasa a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques dans les établissements publics situés dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Une mesure qui suscite inquiétude et colère chez les milliers d’étudiants concernés.
À l’Université de Goma (Unigom), l’annonce passe mal. Sur le campus du Lac, Laetitia, étudiante, dit ne plus savoir quoi penser. « On est perdu, stressé, choqué », confie-t-elle, redoutant une interruption de son cursus.
Même inquiétude chez Hubert. Pour lui, la décision porte directement atteinte au droit à l’éducation. « Quel est notre avenir ? On ne sait pas quand cette situation va prendre fin », déplore-t-il.
Des cursus menacés
Pour les étudiants en fin de parcours, l’incertitude est encore plus grande. Xavier, étudiant en dernière année de médecine à l’Unigom, appelle les autorités à privilégier le dialogue. Il estime que les carrières et les cursus sont déjà fragilisés par la situation sécuritaire.
Face à la suspension décidée par Kinshasa, l’AFC/M23 a appelé au maintien des activités académiques. Le mouvement affirme également vouloir prendre en charge les salaires des personnels académiques concernés, alors que Kinshasa les a suspendus pour certains agents accusés d’avoir prêté allégeance au groupe politico-militaire.
La décision du gouvernement congolais concerne 11 établissements publics de Goma et Bukavu. Les inscriptions, les cours, les évaluations et les délibérations pour l’année académique 2026-2027 y sont suspendus.
Des solutions, mais encore beaucoup d’incertitudes
Kinshasa prévoit toutefois des alternatives pour éviter une rupture totale des études. Les étudiants pourront notamment poursuivre leur cursus dans d’autres établissements publics ou privés reconnus.
Les finalistes de l’année 2025-2026 pourront ainsi passer leurs évaluations restantes ailleurs. Les étudiants régulièrement inscrits pourront également être accueillis dans d’autres établissements, après vérification de leur parcours académique.
Une attention particulière est prévue pour les étudiants en médecine, avec la possibilité d’intégrer des établissements proposant les mêmes filières et de participer aux jurys nécessaires à l’achèvement de leur formation.
Mais sur le terrain, le dispositif laisse encore plusieurs questions sans réponse. Aucun établissement d’accueil n’a pour l’instant été précisément désigné et Kinshasa n’a annoncé ni prise en charge des frais académiques, ni aide au déplacement ou au logement.
Pour les étudiants de Goma et de Bukavu, la poursuite des études reste donc possible sur le papier.
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