Dix-sept ans après l’un des drames les plus marquants de l’aviation civile française, la justice a opéré un revirement majeur. La cour d’appel de Paris a condamné, ce jeudi 21 mai, Air France et Airbus pour homicides involontaires dans le crash du vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris, survenu le 1er juin 2009. Une décision historique qui reconnaît les deux entreprises comme « seules et entièrement responsables » de la catastrophe ayant coûté la vie à 228 personnes.
Le jugement marque un net changement de cap judiciaire. En première instance, en 2023, les deux groupes avaient été relaxés sur le plan pénal, malgré la reconnaissance de leur responsabilité civile. Cette fois, la cour d’appel a retenu leur culpabilité et prononcé à leur encontre l’amende maximale prévue, soit 225 000 euros chacune. Une sanction avant tout symbolique, mais dont la portée morale et institutionnelle pourrait durablement affecter l’image des deux fleurons du transport aérien européen.
Dans le détail, Air France est jugée responsible de ne pas avoir suffisamment préparé ses pilotes à gérer les défaillances liées au givrage des sondes Pitot, ces capteurs essentiels à la mesure de la vitesse de l’appareil. La compagnie est également critiquée pour un manque d’information appropriée auprès de ses équipages. Airbus, de son côté, est accusé d’avoir sous-estimé les risques liés aux dysfonctionnements récurrents de ces mêmes sondes et de ne pas avoir alerté avec suffisamment d’urgence les compagnies exploitant ses appareils.
L’avionneur européen a rapidement annoncé son intention de se pourvoir en cassation, dénonçant une décision éloignée, selon lui, des réalités techniques et des impératifs de sécurité aérienne. Une réaction qui contraste avec le soulagement exprimé par plusieurs familles de victimes, pour lesquelles cette condamnation représente enfin une forme de reconnaissance après de longues années de combat judiciaire.
Le crash du vol AF447 reste à ce jour le pire accident de l’histoire de l’aviation civile française. Tombé dans l’Atlantique après le givrage de ses sondes de vitesse dans la zone du « Pot au noir », l’Airbus A330 transportait 216 passagers et 12 membres d’équipage de 33 nationalités.
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