La tension monte d’un cran en Mauritanie. Deux élues de l’opposition, également militantes de la cause anti-esclavagiste, ont été mises sous mandat de dépôt et incarcérées mardi 21 avril. Le député Biram Dah Abeid, figure de l’opposition, dénonce une dérive dictatoriale du régime.
Mariem Cheikh et Ghamou Achour, toutes deux membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), sont poursuivies pour avoir critiqué le président mauritanien et son gouvernement lors de directs diffusés sur les réseaux sociaux.
Douze jours de détention avec un nourrisson
Selon Biram Dah Abeid, Mariem Cheikh a été détenue dans un lieu tenu secret pendant près de deux semaines, avec son bébé âgé de moins de trois mois. Une pratique qui se banalise, accuse l’élu, destinée à forcer les personnes arrêtées à présenter des excuses publiques.
Le parquet général invoque le « flagrant délit » afin de contourner l’immunité parlementaire des deux députées. Mais l’opposition y voit une dérive autoritaire et une attaque frontale contre la démocratie. Pour Biram Dah Abeid, fondateur du mouvement abolitionniste, cette arrestation confirme la volonté du pouvoir de liquider son organisation.
« Je note et souligne la tendance du président Ghazouani à maintenir des personnes dans des conditions de torture morale et matérielle, lors de longues gardes à vue, pour les obliger à lui présenter des excuses. C’est ce qu’a vécu Mariem avec son bébé de moins de trois mois pendant douze jours, internée loin de la ville, au centre de la police antiterroriste, sans que personne ne sache où elle se trouvait », a dénoncé l’opposant.
Biram Dah Abeid a également rappelé que le président Ghazouani avait déjà fait adopter une loi très contestée sur les symboles, utilisée selon lui pour punir celles qui ont osé le critiquer. « Je dis qu’il entend éradiquer le mouvement abolitionniste », a-t-il conclu.
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