À Ouèdo et Hêvié, dans la commune d’Abomey-Calavi, le numérique s’impose peu à peu comme un outil d’émancipation pour les jeunes des zones rurales. Treize bénéficiaires de la première cohorte du projet « Classe numérique paysanne » ont reçu, samedi 3 octobre 2026, leurs attestations de fin de formation. Une initiative portée par l’association IamYourClounon, avec l’appui de la Fédération Léo Lagrange Bénin.
Donner aux jeunes ruraux les moyens de mieux comprendre et utiliser les outils numériques. C’est l’ambition affichée par le projet « Classe numérique paysanne », dont la première cohorte vient d’achever un parcours de cinq mois. Au départ, dix jeunes de Ouèdo et de Hêvié étaient attendus. Le nombre des bénéficiaires a finalement atteint treize.
Le programme a couvert plusieurs domaines essentiels. Les participants ont reçu des notions sur Microsoft, les bases de la communication digitale, la rédaction d’un curriculum vitae et d’une lettre de motivation. Ils ont aussi découvert les possibilités offertes par l’intelligence artificielle générative. Deux master class ont complété le dispositif. La première portait sur le numérique comme levier de transformation des pratiques, avec un accent sur la compréhension, l’usage et l’action. La seconde était consacrée à une initiation à Excel.
Pour Adébissi Huguette Oke, présidente de l’association IamYourClounon, cette formation répond à une réalité souvent négligée dans les zones rurales. De nombreux jeunes connaissent les réseaux sociaux, mais disposent de peu de repères sur les autres usages du numérique. La barrière de la langue constitue aussi un frein. L’équipe du projet a donc choisi une approche adaptée au contexte local. Les sessions se sont déroulées en français et en fon, avec des contenus liés aux besoins du quotidien et aux réalités professionnelles des bénéficiaires.
A en croire la présidente de l’association, l’obtention de l’attestation ne doit pas sonner la fin du parcours. Les jeunes doivent poursuivre leur apprentissage et transformer les connaissances acquises en véritables compétences. « Allez plus loin, osez plus et tutoyez les hauts sommets », a lancé Adébissi Huguette Oke aux récipiendaires.
Du côté des bénéficiaires, l’expérience semble déjà produire ses premiers effets. Gloria Tossou, qui s’est exprimée au nom de ses camarades, évoque une formation qui permet de prendre des initiatives, de produire des contenus et de concevoir des affiches grâce à l’intelligence artificielle.
Elle parle aussi de l’acquisition de compétences utiles pour ses activités, notamment la création de différents types de CV. Des savoir-faire qu’elle ne maîtrisait pas avant le début du programme. « La formation a révélé et réveillé des talents », a-t-elle résumé. Au-delà des attestations, le projet « Classe numérique paysanne » entend ainsi poser les bases d’une meilleure inclusion numérique des jeunes ruraux et leur ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles.
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