Cinq mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), une partie de l’opposition ivoirienne veut déjà dessiner les contours de son successeur. Plusieurs formations et organisations de la société civile ont remis lundi 5 octobre au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, une proposition commune pour la mise en place du futur organe chargé d’organiser les élections.
La démarche est le résultat de plusieurs semaines de concertations entre différentes composantes de l’opposition. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo, la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), l’ADCI d’Assalé Tiémoko et le groupement à l’origine du Haut Conseil électoral (HCE) ont notamment rapproché leurs propositions pour parvenir à un document commun.
Le principal changement proposé concerne la composition du futur organe électoral. Les formations à l’origine du document souhaitent une institution indépendante, neutre et impartiale, sans représentants directs des partis politiques, du gouvernement ou des pouvoirs publics.
Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), défend la création d’une structure composée exclusivement d’experts du domaine électoral. Leur recrutement se ferait sur la base d’un appel à candidatures et de critères précis, avec des contrats d’objectifs.
L’idée est de confier l’organisation technique des scrutins à des professionnels qui puissent exercer leur mission sans considération partisane.
Un organe de contrôle en parallèle
La proposition prévoit également un second mécanisme consacré à l’observation et à la surveillance du processus électoral. Celui-ci pourrait associer les différentes parties prenantes et suivre le déroulement des opérations.
Pour ses promoteurs, cette architecture doit permettre de dissocier l’organisation technique des élections de leur contrôle. L’objectif affiché est de renforcer la confiance entre les acteurs et de réduire les risques de contestation du processus électoral. Charles Blé Goudé, président du Cojep, défend ainsi la recherche d’un dispositif suffisamment consensuel pour prévenir les crises liées aux élections.
Malgré cette tentative de rapprochement, l’opposition ivoirienne reste divisée sur la méthode. Le PDCI-RDA n’a pas participé à l’élaboration du document commun remis au gouvernement. Le parti a choisi de transmettre séparément ses propres propositions sur le futur organe électoral.
Le PPA-CI, de son côté, a participé aux concertations, mais n’est pas officiellement signataire du document pour des raisons liées à sa procédure interne, selon un cadre cité par RFI.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Aucune décision définitive n’a encore été annoncée sur la composition et le fonctionnement du futur organe électoral. Les différentes propositions devront faire l’objet de nouvelles discussions avant qu’un nouveau dispositif puisse être arrêté.
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