La peine capitale fait son retour dans l’est de la Libye après plusieurs années de moratoire de fait. Au moins 30 personnes ont été exécutées ces dernières semaines à Benghazi et Derna, selon l’Union européenne, qui appelle les autorités à suspendre immédiatement toute nouvelle exécution et toute condamnation à mort.
Les exécutions, signalées entre la fin août et le début septembre, marquent la fin d’un moratoire de fait sur l’application de la peine de mort qui remontait à 2010. L’UE s’est dite « gravement préoccupée » par cette reprise et rappelle son opposition à la peine capitale en toutes circonstances.
Des inquiétudes sur les procédures judiciaires
Selon les informations rapportées par des observateurs locaux et internationaux, plusieurs personnes exécutées avaient été condamnées par des juridictions militaires pour des faits liés au terrorisme ou à des meurtres.
La question des garanties judiciaires suscite également des préoccupations. L’Union européenne insiste sur la nécessité de procédures crédibles, transparentes et conformes aux droits fondamentaux. Elle fait aussi état de demandes formulées par des familles de victimes concernant le respect des garanties de procédure.
Bruxelles appelle les différentes autorités compétentes en Libye à travailler avec la Mission d’appui des Nations unies en Libye afin d’examiner les procédures appliquées dans les affaires passibles de la peine capitale et de les mettre en conformité avec les obligations nationales et internationales du pays.
L’UE réaffirme son opposition à la peine de mort
Dans sa déclaration, l’Union européenne rappelle que la peine capitale est, selon sa position officielle, « cruelle, inhumaine et irréversible » et incompatible avec la dignité humaine. Elle appelle les pays qui appliquent encore la peine de mort à l’abolir ou, à défaut, à instaurer un moratoire.
La reprise des exécutions intervient dans un contexte libyen toujours marqué par la fragmentation institutionnelle et la présence de forces rivales. L’est du pays est notamment contrôlé par les autorités basées à Benghazi et soutenues militairement par le maréchal Khalifa Haftar.
Washington maintient son alerte maximale
Sur le plan sécuritaire, les États-Unis continuent de déconseiller tout déplacement en Libye. Dans son avis actualisé, Washington maintient le pays au niveau 4, soit le niveau « Ne voyagez pas », en raison notamment des risques liés au terrorisme, à la criminalité, aux troubles, aux enlèvements, aux mines et au conflit armé.
Le Département d’État précise également qu’il n’existe actuellement pas d’ambassade américaine en Libye. Les services consulaires sont assurés depuis Tunis, ce qui limite la capacité des États-Unis à fournir une assistance d’urgence à leurs ressortissants présents dans le pays.
La reprise des exécutions ajoute ainsi une nouvelle dimension aux préoccupations internationales concernant la situation sécuritaire et judiciaire dans l’est de la Libye.
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