En Afrique du Sud, la Cour constitutionnelle a rouvert la voie à une possible procédure de destitution visant le président Cyril Ramaphosa dans le cadre de l’affaire dite Phala Phala.
Cette décision fait suite au scandale qui secoue le pays depuis quatre ans. L’affaire porte sur le vol, en 2020, d’environ 600 000 dollars en liquide dans une ferme appartenant au chef de l’État, un dossier qui avait éclaté publiquement en 2022 après les révélations d’un ancien responsable des services de renseignement.
Ce dernier accuse notamment Cyril Ramaphosa d’avoir dissimulé l’incident et d’avoir organisé lui-même la traque des auteurs présumés du vol.
À l’époque, un rapport parlementaire avait estimé qu’il existait suffisamment d’éléments pour envisager l’ouverture d’une procédure de destitution. Mais cette recommandation avait été rejetée par l’Assemblée nationale.
La Cour constitutionnelle juge désormais ce vote « incompatible avec la Constitution », l’annule et ordonne que le rapport soit transmis à une commission chargée d’examiner les bases d’une éventuelle destitution.
Cette décision place l’ANC, le parti au pouvoir, dans une position délicate. Pour la première fois depuis la fin de l’apartheid, la formation ne dispose plus de majorité absolue au Parlement, ce qui fragilise sa capacité à protéger politiquement le président.
Le parti d’opposition EFF, à l’origine de la plainte, a salué cette décision judiciaire. De son côté, la présidence sud-africaine a indiqué « respecter la décision » de la Cour.
L’évolution de cette procédure pourrait désormais avoir des conséquences majeures sur l’équilibre politique du pays et sur l’avenir de Cyril Ramaphosa à la tête de l’État.
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