Le mois d’avril est dédié à la sensibilisation contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Seneweb a donné la parole au professeur Ngor Side Diagne, maître de conférences en médecine physique et réadaptation à l’hôpital Fann. Il alerte sur une progression inquiétante de cette pathologie au Sénégal, étroitement liée aux modes de vie, notamment alimentaires.
L’AVC est une souffrance aiguë du cerveau causée par une obstruction ou une rupture de vaisseaux. Devant tout signe neurologique d’installation brutale, il faut penser à un AVC, prévient le spécialiste. Paralysie soudaine, troubles de la parole, perte de la vision ou céphalées intenses doivent immédiatement alerter.
L’assiette constitue un levier de risque majeur. L’excès de sel favorise l’hypertension artérielle, principal facteur d’AVC au Sénégal. Le sucre contribue au diabète, les graisses au cholestérol. Le professeur pointe des habitudes locales aggravantes, notamment la consommation excessive de sucre dans les boissons (plusieurs morceaux par tasse) et l’utilisation fréquente de bouillons culinaires riches en sel.
La prise en charge de l’AVC est une course contre la montre. Le diagnostic repose sur le scanner ou l’IRM. Dans les cas d’AVC ischémiques, une thrombolyse peut dissoudre le caillot, mais uniquement dans un délai de moins de quatre heures après les premiers symptômes. Il faut ramasser le patient et courir, insiste le professeur.
Les séquelles peuvent être lourdes : paralysie, troubles du langage, perte d’autonomie, avec des impacts sociaux majeurs comme des pertes d’emploi, un isolement progressif et, dans certains cas, des ruptures familiales.
Kinésithérapie, orthophonie et accompagnement psychologique sont essentiels. Cependant, le spécialiste souligne un manque de structures adaptées, surtout hors de Dakar, ainsi qu’une rareté des ressources humaines. Fatou Diop Fall, assistante sociale, explique que l’Association sénégalaise d’aide et d’assistance des victimes d’AVC accompagne les patients et leurs familles sur les plans financier, psychologique et social. Elle insiste sur la nécessité d’un meilleur accompagnement institutionnel.
Le professeur recommande de réduire la consommation de sel, de sucre et de graisses, d’adopter une activité physique régulière, d’éviter tabac et alcool, et de mieux gérer le stress. Personne n’est à l’abri, même si les personnes présentant des facteurs de risque restent les plus exposées. L’AVC touche toutes les tranches d’âge, avec une augmentation notable des cas chez les sujets jeunes en Afrique. L’enjeu est désormais de renforcer la prévention, d’améliorer la rapidité de la prise en charge et de développer les structures de rééducation.
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