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mercredi 12 août 2026
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Bénin : le commissaire Delcoz Kindjanhoundé se défend devant la CRIET

Bénin commissaire Delcoz Kindjanhoundé CRIET

Le commissaire Delcoz Kindjanhoundé a été présenté lundi 20 avril 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Placé sous mandat de dépôt, l’officier de police est poursuivi pour avoir partagé une vidéo jugée hostile à l’égard du président Patrice Talon.

Au moment des faits, il était en service à Abomey-Calavi. Les chefs d’accusation retenus contre lui sont lourds : « harcèlement via internet, incitation à la haine, incitation à la rébellion et détention d’arme à feu ». Les autorités lui reprochent d’avoir affiché son soutien aux militaires impliqués dans la tentative présumée de coup d’État contre l’ancien chef de l’État, via une séquence filmée devenue virale sur les réseaux sociaux.

Dès l’entame des débats, le prévenu a surpris son monde. Loin de nier, il a reconnu sans détour être l’auteur de la vidéo et avoir lui-même orchestré sa diffusion. Un constat d’évidence, mais aussitôt nuancé par une défense peu ordinaire : selon lui, cette action découle de réflexions profondes, qu’il dit avoir mûries longtemps.

Lors d’une audience antérieure, il avait fait état de quatre justifications. La Cour ne lui en avait autorisé qu’une seule sur le moment, préférant entendre le reste plus tard. Ce lundi 20 avril, le policier est revenu avec un mémoire écrit, détaillant l’intégralité de ses arguments. Sans avocat, il a lui-même distribué les copies aux magistrats.

À la barre, le commissaire a martelé avoir parlé en tant que simple citoyen. Le président de la Cour a aussitôt relevé une contradiction : la vidéo a été tournée alors qu’il arborait sa tenue réglementaire de policier. Loin de se démonter, l’intéressé a défendu sa position, estimant qu’il existe une distinction possible entre son statut professionnel et son expression personnelle.

Après avoir pris connaissance des documents remis, la juridiction a ordonné un renvoi de l’affaire au 15 juin 2026. Ce délai permettra au parquet d’examiner en détail les motivations invoquées et de préparer ses réquisitions. L’issue du dossier reste incertaine, suspendue à l’appréciation de la Cour sur la légitimité d’une prise de parole venue de l’intérieur même des forces de sécurité.

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