Les premières tendances tombent à Brazzaville. Selon des résultats provisoires communiqués ce mardi 17 mars par le ministère de l’Intérieur, Denis Sassou Nguesso arriverait largement en tête du scrutin présidentiel organisé la veille. Le chef de l’État sortant, âgé de 82 ans, obtiendrait plus de 94,82 % des suffrages exprimés, loin devant ses principaux concurrents .
Les autorités électorales annoncent un taux de participation de 68,7 %, un chiffre immédiatement contesté par l’opposition. Dans plusieurs quartiers de la capitale, des témoins font état de bureaux de vote peu fréquentés tout au long de la journée .
Le principal adversaire de Denis Sassou Nguesso, Guy Brice Parfait Kolélas, arrivé deuxième avec 7 % des voix selon ces premières estimations, a dénoncé une « mascarade électorale » et appelé ses partisans à « descendre pacifiquement dans la rue » pour contester les résultats .
Un pouvoir sans partage depuis 38 ans
Denis Sassou Nguesso, qui a dirigé le Congo de 1979 à 1992 avant de revenir au pouvoir par les armes en 1997, briguait un quatrième mandat consécutif depuis le référendum constitutionnel de 2015. Cette élection intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes et de crise économique liée à la baisse des cours du pétrole, dont le Congo est fortement dépendant.
La communauté internationale observe avec attention la régularité du scrutin. L’Union africaine a déployé une mission d’observation, mais ses premières déclarations restent prudentes. La France, ancienne puissance coloniale, a appelé à la « transparence » sans commenter les premiers chiffres.
Les six candidats de l’opposition n’ont pas réussi à s’unir derrière une figure unique. Les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours, sous réserve d’éventuels recours devant la Cour constitutionnelle. Denis Sassou Nguovo devrait ainsi prolonger son règne, devenant l’un des chefs d’État les plus longtemps en fonction sur le continent africain.
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