L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté mercredi 11 mars un texte renforçant les sanctions pénales contre les actes qualifiés de « contre nature ». La réforme prévoit notamment d’alourdir les peines de prison et les amendes prévues par la législation en vigueur depuis 1965.
Selon le nouveau dispositif, toute personne reconnue coupable d’un tel acte encourra désormais une peine de cinq à dix ans d’emprisonnement, contre un à cinq ans auparavant. Les amendes pourraient également atteindre 10 millions de francs CFA, contre un plafond actuel de 1,5 million.
Le texte introduit une définition plus précise de la notion « d’acte contre nature », en y incluant explicitement les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Deux nouvelles infractions sont également créées : l’apologie et le financement de l’homosexualité, passibles de peines de trois à sept ans de prison.
Le débat parlementaire a suscité une forte affluence dans l’hémicycle. Aucune voix ne s’est toutefois élevée pour demander une dépénalisation de l’homosexualité ou un assouplissement des sanctions.
Pour le député du parti au pouvoir Pastef, Ismaël Wone, cette réforme répond à une promesse de campagne et à une pression populaire. À l’inverse, le député non aligné Thierno Alassane Sall estime que ce débat détourne l’attention des difficultés économiques et sociales que traverse le pays.
Le texte a été adopté par un Parlement dominé par le Pastef, qui dispose de 109 sièges sur 165. La loi doit encore être promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye pour entrer en vigueur.
Plusieurs organisations de défense des droits humains s’inquiètent déjà des conséquences de cette réforme, craignant qu’elle n’alimente un climat de stigmatisation. La romancière et féministe Ndeye Fatou Kane alerte notamment sur les risques de dérives, évoquant des cas où des citoyens accusent publiquement d’autres personnes sur la base de comportements jugés atypiques.
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