La bataille pour les libertés numériques s’invite devant les tribunaux. Au Gabon, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze a annoncé, mardi 3 mars 2026, avoir saisi la justice afin de contester la coupure des réseaux sociaux en vigueur depuis le 18 février.
Cette interruption a été décidée par la Haute autorité de la communication (HAC), qui évoque des dérives en ligne et des risques pour la stabilité du pays. Deux semaines après son entrée en application, la mesure continue de produire des effets économiques et sociaux notables, notamment pour les entreprises et les travailleurs dépendant des plateformes numériques.
Pour l’opposant, également leader du parti Ensemble pour le Gabon, cette décision est « illégale et inconstitutionnelle ». Il a engagé, devant le Tribunal de première instance de Libreville, une procédure en référé afin de faire cesser ce qu’il qualifie d’atteinte grave aux libertés fondamentales.
Selon ses déclarations rapportées par RFI, la HAC aurait agi sans base légale suffisante. « Lorsqu’il s’agit de restreindre les libertés, il faut au moins une décision du juge », a-t-il estimé, dénonçant une mesure massive prise, selon lui, sans fondement juridique clair.
L’ancien chef du gouvernement soutient que la Constitution consacre la liberté comme principe et qu’aucune autorité ne peut priver l’ensemble de la population de moyens de communication devenus essentiels à la vie publique, privée et professionnelle.
Il plaide pour une régulation ciblée des contenus litigieux plutôt qu’une suspension généralisée des réseaux sociaux. La justice devra désormais se prononcer sur la légalité de cette décision, au cœur d’un débat sensible sur l’équilibre entre sécurité et libertés publiques.
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