L’annonce a été faite lundi 16 février, en marge de la visite officielle du général Abdourahamane Tiani à Alger. Après plusieurs mois de crise diplomatique entre l’Algérie et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé la relance du projet de gazoduc transsaharien. Un dossier qui traîne depuis 2009, mais qui retrouve une nouvelle actualité.
Le gazoduc transsaharien doit relier le sud du Nigeria à la côte algérienne, en traversant le Niger. Son objectif est de transporter le gaz nigérian vers l’Algérie, pour l’exporter ensuite vers l’Europe via le gazoduc Transmed (reliant l’Afrique du Nord à l’Italie) ou sous forme de gaz naturel liquéfié. La capacité prévue est de 30 milliards de mètres cubes par an.
Selon les déclarations du président Tebboune, le groupe public algérien Sonatrach « prendra les choses en main pour démarrer l’installation » du pipeline sur le sol nigérien, après le mois de ramadan. Un signal fort, qui témoigne de la volonté d’Alger de passer à la phase opérationnelle.
Depuis les premières discussions en 2009, le projet a connu de nombreuses interruptions. Il y a un an, des accords avaient été signés entre les trois pays, avant d’être gelés par la crise diplomatique entre Alger et l’AES. La visite de Tiani à Alger a permis de débloquer la situation.
Les annonces ont été faites sans la présence de la partie nigériane, mais une source proche du dossier assure que le Nigeria « a toujours été partant et a déjà investi ». Reste que ce projet est en concurrence directe avec un autre gazoduc, porté par le Maroc, qui vise à relier le Nigeria à la côte marocaine en longeant la côte atlantique ouest-africaine.
La guerre des pipelines est déclarée. Le défi consiste à capter une part du gaz nigérian destiné à l’Europe, au moment où les circuits d’approvisionnement énergétique se redessinent.
Laisser un commentaire