Les États-Unis ont réussi à réunir, les 8 et 9 février à Madrid, tous les protagonistes du conflit au Sahara occidental. Organisée dans les locaux de l’ambassade américaine en Espagne, cette réunion a rassemblé les ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi qu’un représentant du Front Polisario. L’ONU était représentée par son envoyé spécial pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, tandis que Washington était représenté par Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique de Donald Trump, et Mike Waltz, représentant auprès des Nations unies.
Aucun communiqué officiel n’a été publié à l’issue des pourparlers, mais plusieurs sources ont indiqué que les participants sont tombés d’accord sur la création d’un « comité technique » qui regroupe experts juridiques et hommes politiques internationaux. Ce comité aura pour mission de travailler sur un accord-cadre, dont la signature pourrait intervenir en mai prochain à Washington.
Les discussions ont principalement porté sur le plan marocain pour l’autodétermination du Sahara occidental. Initialement limité à trois pages, le texte a été étoffé pour atteindre près de quarante pages. Néanmoins, des clarifications restent nécessaires, notamment de la part de Rabat. L’Algérie continue de manifester des réserves, même si certaines analyses estiment que sa résistance pourrait être davantage symbolique que substantielle.
Deux points continuent de poser problème. Le premier concerne le mode de désignation du futur exécutif régional. Le Maroc propose une nomination directe, tandis que le Front Polisario exige une élection. Le second point concerne la fiscalité et la gestion des ressources du Sahara occidental, un aspect que Rabat refuse de discuter ouvertement. Ces désaccords illustrent la complexité d’un conflit qui dure depuis plusieurs décennies et qui a déjà provoqué des périodes de combats armés et un cessez-le-feu fragile jusqu’en 2020.
La rencontre de Madrid s’inscrit dans une initiative de plusieurs mois menée par Washington pour tenter de trouver une solution durable. Depuis octobre 2025, Massad Boulos a multiplié les contacts diplomatiques et indiqué qu’une résolution pourrait être envisagée rapidement, dans un délai de soixante jours.
Cette réunion est un pas significatif dans les efforts internationaux pour relancer le dialogue entre Rabat, Alger et le Front Polisario. Même si des divergences importantes persistent, la création du comité technique et la perspective d’un accord-cadre à Washington constituent des signaux encourageants pour l’avenir de ce conflit territorial, l’un des plus anciens et sensibles d’Afrique du Nord.
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