Le procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national (RN), s’ouvre ce mardi 13 janvier à Paris. Aux côtés de onze autres prévenus, la cheffe de file de l’extrême droite française joue bien plus qu’une bataille judiciaire. Son éligibilité à l’élection présidentielle de 2027, et plus largement son avenir politique, se trouvent au cœur de cette nouvelle séquence judiciaire.
Condamnée en première instance en mars dernier, Marine Le Pen avait écopé de quatre ans de prison, don’t deux ferme sous bracelet électronique, d’une amende de 100 000 euros et surtout d’une peine d’inéligibilité de cinq ans assortie d’une exécution provisoire. Cette dernière décision la prive, à ce stade, de toute candidature à un scrutin électoral, y compris la présidentielle de 2027.
L’affaire porte sur l’utilisation frauduleuse de fonds du Parlement européen. Entre 2004 et 2016, plus de 4,4 millions d’euros auraient servi à rémunérer des assistants parlementaires européens qui travaillaient en réalité pour le Front national, devenu RN. Les juges avaient alors évoqué un « système organisé » destiné à soulager les finances du parti. Sur les 24 prévenus reconnus coupables, seuls douze ont accepté leur condamnation. Les autres, dont Marine Le Pen et le RN, ont choisi la voie de l’appel.
La dirigeante du parti avait été condamnée à double titre. Pour des faits personnels liés à l’emploi d’assistants et pour son rôle de présidente du FN à partir de 2011, position que le tribunal avait jugée centrale dans le dispositif mis en cause. Lundi, elle a réaffirmé son intention de « dire la vérité » tout en dénonçant à nouveau un jugement à caractère politique.
La décision attendue en appel pèsera lourd. Une relaxe relanceraient pleinement ses ambitions présidentielles. Une condamnation allégée, sans inéligibilité ou avec une durée réduite, pourrait également rouvrir le jeu. À défaut, le RN a déjà prévenu : son candidat à la présidentielle sera désigné d’ici septembre, sans attendre un éventuel pourvoi en cassation.
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