La justice tchadienne a frappé fort. Le parquet général a requis, ce jeudi, une peine de 25 ans de prison ferme contre Succès Masra, ancien Premier ministre et président du parti Les Transformateurs, ainsi que 58 de ses co-accusés, à l’issue d’une procédure judiciaire très suivie à N’Djamena. Les prévenus sont accusés d’association de malfaiteurs, diffusion de propos xénophobes, et d’assassinats en lien avec des violences survenues dans le sud du pays.
Le dossier repose notamment sur un enregistrement audio datant de mai 2023, présenté comme une preuve accablante. On y entendrait Succès Masra inciter les populations du sud à « prendre les armes ». Une pièce jugée déterminante par l’accusation, qui voit dans ces paroles l’origine d’affrontements meurtriers.
Mais du côté de la défense, les faits sont catégoriquement rejetés. Succès Masra dénonce une « machination politique », pour l’écarter de la scène politique après sa rupture avec le pouvoir. Il estime que ce procès viole l’esprit des accords d’octobre 2023, conclus avec le gouvernement de transition, dont certaines clauses, selon lui, n’ont jamais été respectées.
Le parquet a également sollicité une amende globale de 5 milliards de francs CFA, ainsi que le gel des avoirs des accusés, une mesure qui vise à compenser les « préjudices subis par l’État ». Toutefois, neuf prévenus pourraient bénéficier d’une relaxe pour absence de preuves, a indiqué le procureur.
Le verdict du tribunal est attendu dans les prochains jours. Il pourrait marquer un tournant décisif dans l’avenir politique de Masra et de ses partisans.
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